Tout public

Informations Pratiques

Création 2020 Pour 4 danseuses et 1 musicienne
Spectacle Tout Public

Durée : 55 minutes
Chorégraphie et scénographie : Stéphanie Bonnetot
Assistante à la chorégraphie : Ysé Broquin
Création musicale et interprétation : Marie Sigal
Création lumière : Manfred Armand
Interprètes : Claire Massias, Salima Nouidé, Ysé Broquin, Marie Sigal et Stéphanie Bonnetot
Production / Administration / Diffusion : Cie Paracosm
Soutien financier : CMN / L’hélice, Conseil départemental de la Haute Garonne, Spedidam 
Accueil studio : Pôle Danse CMN / L’hélice, L’Espace roquet/ Toulouse, Odyssud Blagnac

Dates de représentations :
Jeudi 21 Janvier 2021 à 20H30 au Centre Culturel d’Alban-Minville
Mercredi 3 Mars 2021 à 20H30 au Petit théâtre Saint-Exupère à Blagnac
Jeudi 4 Mars 2021 à 14H15 et 20H30 au Petit théâtre Saint-Exupère à Blagnac

 

 

Note d’intentions

Au début d’une création, il y a une idée, une image, une histoire, qui vous touche et vous habite. C’est suffisamment fort pour que cela vous donne envie de la partager avec d’autres. Au départ de « Shadow Sisters », il y avait mon envie de raconter l’histoire d’une femme et de ses fantômes. Ceux du passé, liés à l’enfance, ceux qui viennent habiter le présent sans y être invités et ceux qui envahissent le futur en fonction des choix que l’on fait.
Mes fantômes avaient une couleur et une forme bien particulière, en tout cas ceux que je souhaitais invoquer avaient tous un lien avec ma place en tant que femme dans ce monde et les rapports de domination : mon rôle de mère, ma place dans ma famille, au sein de mon couple, sur mon lieu de travail, dans l’espace public. Cela faisait évidemment écho au mouvement #Metoo, même si ce n’est pas le point de départ de ma démarche. Cette vague de prise de conscience collective qui met notamment en avant les violences banales du quotidien m’a fait me sentir plus légitime dans mes prises de paroles, dans mes positionnements. Femme blanche, hétérosexuelle, venant d’un milieu social plutôt aisé, je n’avais jusque-là, pas la sensation de faire partie d’une minorité qui aurait eu le droit de revendiquer des changements plus importants que ceux déjà obtenus par d’autres avant moi.
A partir du moment où le collectif est entré dans l’équation, tout a changé : « je » devenait « nous ». Mes difficultés et mes combats individuels étaient vécus par toutes et pouvaient être affrontés de manière collective, le mot « Sororité » devenait essentiel.
Sororité = L’état d’être sœur
Sur le plateau, 5 femmes avec des corps et des âges différents dansent, chantent, se bousculent, se déchirent, s’entraident,s’unissent, s’aiment. C’est parfois la sœur, la mère, l’enfant, la grand-mère qui nous apparaît. J’ai choisi de mettre en avant les singularités de chacune des interprètes : leur corps, leurs sensibilités, leurs manières de danser et d’occuper l’espace. Les moments de chorégraphie d’ensemble sont travaillés comme des moments de rituels collectifs, et lorsque la forme est similaire pour toutes, le geste est singulier. L’œil du spectateur, l’histoire racontée, passe d’un corps à l’autre, d’une interprète à l’autre. Parfois une danseuse porte une parole personnelle et le groupe vient se positionner en soutien, ou vient souligner les contraintes que la société impose ; et parfois ce corps individuel devient corps collectif, il est porteur, symbole, d’une histoire commune par lequel la catharsis s’opère.
Pour déposer ces témoignages, il était important pour moi de construire un lieu où l’on se sente en sécurité avec des règles et des codes clairs, pour permettre une parole libérée et accueillir des corps engagés. Nous nous sommes inspirées de rituels ancestraux bien présents dans l’imaginaire collectif comme les rituels chamaniques ou les incantations des druides. C’est la première chose que le spectateur voit : un groupe de sorcières qui construit, en murmurant un chant ancien, l’espace dans lequel elles vont venir exorciser, sublimer leurs histoires. C’est ainsi que le rite démarre, et forcément, cet espace dont elles auront éprouvé les limites au fil de la pièce va inexorablement se transformer et les métamorphoser.

« Shadow sisters » est la prise de parole d’un groupe de femmes fortes et lumineuses qui prennent leur histoire personnelle et collective en main. Une ode à la puissance et à l’émancipation.