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Stéphanie Bonnetot

La curiosité comme moteur

Danseuse, chorégraphe et pédagogue, Stéphanie Bonnetot place la curiosité au cœur de son travail. Chaque nouvelle création est pour elle l’occasion d’apprendre, d’expérimenter de nouvelles techniques et de déplacer son regard sur son métier comme sur elle-même.

Son parcours d’interprète se construit principalement au sein de théâtres accueillant de nombreux chorégraphes invités. Elle ne travaille donc pas dans le prolongement d’un seul langage, mais traverse des univers, des méthodes et des écritures très différents. Chaque nouvelle création devient une rencontre avec une personnalité artistique, une nouvelle matière chorégraphique et une autre manière d’engager le corps. Cette diversité lui apprend à s’adapter, mais surtout à observer comment chacun invente son propre rapport au mouvement.

Elle cherche à comprendre ce qui met un corps en mouvement : comment une thématique agit sur lui, fait naître une écriture chorégraphique, transforme les qualités de mouvement, modifie les relations entre les interprètes ou change leur rapport à l’espace. Elle observe également comment la musique accompagne, déplace ou met en tension l’écriture du geste, et comment le dialogue avec un compositeur participe à la construction de la pièce.

Cette curiosité s’étend peu à peu à tout ce qui se fabrique autour du plateau. Elle aime découvrir le travail des ateliers de décors et de costumes, comprendre les choix de matières et observer comment un volume, un tissu ou une lumière peuvent modifier le mouvement. Aujourd’hui chorégraphe, elle place toutes ces dimensions au cœur de la recherche menée au sein de Paracosm. Très impliquée dans chaque étape de la création, Stéphanie aime travailler en atelier, notamment aux côtés de la scénographe, manipuler les matières, tester des formes, chercher des assemblages et participer concrètement à la fabrication des éléments qui seront ensuite mis en jeu sur scène.

Dans ses créations, l’écriture chorégraphique est ainsi intimement liée à la matière, à l’objet et à la scénographie. Le mouvement ne se construit pas indépendamment de ce qui l’entoure : il naît aussi du contact avec une texture, de la manipulation d’un objet, de la résistance d’un matériau ou de la transformation de l’espace. Corps et scénographie s’influencent continuellement et participent ensemble à l’écriture de la pièce.

Le nom Paracosm raconte cette manière de créer. Un paracosme est un monde imaginaire inventé pendant l’enfance, avec sa propre histoire, ses lieux, son architecture et ses règles, qui peut continuer à se développer à l’âge adulte. Chaque spectacle devient ainsi un nouveau monde à imaginer, à fabriquer, puis à partager avec le public.

Créer et transmettre

La pédagogie occupe une place essentielle dans le parcours de Stéphanie Bonnetot. Enseigner, transmettre et accompagner d’autres corps lui permettent de questionner sans cesse sa propre pratique : comment faire naître un mouvement, rendre une consigne accessible sans imposer une forme, permettre à chacun de trouver sa manière de danser et de construire une pensée sensible à partir du corps.

Après avoir enseigné la danse contemporaine au Conservatoire de Blagnac, elle intervient aujourd’hui à l’isdaT auprès des étudiants préparant le diplôme d’État de professeur de danse. Elle accompagne ainsi de futurs enseignants dans la construction de leur pédagogie, de leur regard artistique et de leur relation aux élèves.

Cette recherche se poursuit dans les ateliers, les projets d’éducation artistique et culturelle et les rencontres menées autour des créations de Paracosm. Ces temps de transmission ne viennent pas seulement accompagner les spectacles : ils constituent aussi des espaces d’observation et d’expérimentation qui nourrissent le travail de la chorégraphe. Création et pédagogie avancent ainsi dans un dialogue permanent.